Découvrir | La musique dans la littérature

La musique et la littérature ont toujours été étroitement liées. L’art de manier les mots et celui de faire sonner les notes ont toujours fait bon ménage. À l’instar de Dominique A qui a provoqué plusieurs croisements entre ces deux arts, ou encore de Leonard Cohen qui fut écrivain avant de devenir le chanteur auteur-compositeur que l’on connaît, l’association entre musique et littérature n’est plus à démontrer.

Sans être exhaustif, voici un petit tour d’horizon de romans que nous vous recommandons et où la musique est porteuse de sens. Soit elle est la colonne vertébrale de l’intrigue, soit elle est utilisée comme source de sensations et d’émotions apportant une note d’ambiance, une coloration à l’histoire. Aujourd’hui, il n’est pas difficile de trouver des romans autour ou imprégnés de musique tant l’association des deux arts est indubitable.

La musique classique est très prégnante autant dans la littérature d’hier que celle d’aujourd’hui. Hier, Balzac, Proust, Claudel étaient des romanciers très épris de musique. Ainsi on ne compte plus le nombre de compositeurs cités dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust. De même cette analogie musique et dramaturgie est très présente chez Paul Claudel, fervent beethovénien pour qui « la musique possède des richesses qui surpassent le langage parlé ». Dans la littérature plus récente, on peut citer le virtuose 555 d’Hélène Gestern, le fantaisiste Ravel de Jean Echenoz ou encore l’intense Corps et âme de Frank Conroy.

Concernant le Jazz, celui-ci entretient davantage de liens étroits avec le polar et le roman noir. Nombreuses sont les intrigues à l’ambiance enfumée où la corruption et la violence traversent l’histoire aux sons syncopés de cette musique venue d’Outre-Atlantique. Pour ne citer que les essentiels, il faut lire ou relire Les harmoniques de Marcus Malte, Sur les traces de Chet Baker de Bill MOODY, Lazy Bird d’Andrée A. MICHAUD, Jazz White de James Ellroy et plus récemment l’excellent Viper’s dream de Jake Lamar. D’ailleurs, ce dernier n’est-il pas un vibrant hommage à Chester Himes ? Enfin, les fictions romanesques ne sont pas en reste quand on pense à l’inoubliable Un soir au club de Christian Gailly.

Dans un autre genre, le blues inspire ou imprègne également l’écriture fictionnelle. On pense au Bluebird, Bluebird d’Attica Locke qui se réfère explicitement au morceau Bluebird de John Lee Hooker. Delta blues de Julien Delmaire se lit également au rythme des guitares et de la musique des Works songs. Le somptueux Le temps où nous chantions de Richard Powers reprend le même registre pour un voyage où musique et histoire se côtoient pour dénoncer le racisme du Sud des États-Unis.

Le rock, quant à lui, dispose de ses propres codes qui peuvent illustrer sans mal la rébellion, le mal-être ou la provocation de personnages en rupture avec une certaine normalité. En France, l’écriture de Virginie Despentes, vive et acérée, est le parfait exemple de cette fusion entre le rock et le roman. Le bon vieux rock occupe ainsi une place primordiale dans sa triologie littéraire Verson Subutex où l’on peut entendre Daniel Darc ou encore Janis Joplin.

Le roi lézard de Dominique Sylvain qui fait référence à la mort de Jim Morrison, l’incandescent Par les rafales de Valentine Imhof qui se lit au gré d’une playlist gorgée d’alcool et de rock ou encore l’étonnant Le silence selon Manon de Benjamin Fogel, sont autant d’autres exemples qui illustrent l’importance et la prégnance du rock dans l’écriture de fiction.

Les musiques urbaines, que ce soit le slam, forme de poésie urbaine, ou le rap, sont également très présentes dans l’écriture de romans. En France, Abd Al Malik, Grand Corps Malade, Gaël Faye et Souleymane Diamanka, sont les représentants les plus en vue du Flow en littérature. La britannique Kate Tempest, rappeuse et poétesse, sait incontestablement affuter sa plume car son roman Ecouter la ville tomber est une chronique sociale percutante qui claque admirablement.

 

 

 

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