Découvrir | Il est où le patron ? chroniques de paysannes

CREDIT PHOTO Charlotte-Dementhon

Leur prénom ? Céline, Marion, Fanny, Florie, Guilaine.

Elles sont chevrière, apicultrice, éleveuse de brebis, maraîchère.

Ce qu’elles aiment ? Leur métier.

Ce qu’elles n’aiment pas ? Entendre :

  • Et vous pensez reprendre seule la ferme de Georges ?
  • Ah ! mais Anouk, c’est pas une femme, c’est une féministe !
  • Eh beh ! ça change de vous voir habillée en femme, on n’a pas l’habitude !
  • Les mises bas c’est un truc de femmes vous êtes plus…délicates !
  • Vous n’êtes pas bien épaisse pour faire ce métier.
  • Toi c’est à cause de la parité que t’as été élue !

Il est où le patron ? 

Jeunes, entreprenantes, elles aimeraient bien que cesse une certaine forme de sexisme à leur égard. Avec l’aide de Maud, une amie dessinatrice, elles mettent en scène leur quotidien dans « Il est où le patron ? », bande dessinée militante, décapante et drôle.

Interpellant un monde rural qui peine encore parfois à faire une vraie place aux femmes, elles communiquent leur désir d’être respectées,  leurs passions, leur choix d’un mode de vie et de production respectueux de l’environnement et des animaux.

Il est vrai qu’à la terre les femmes n’ont pas toujours eu la part belle.

Prenant part aux travaux de la ferme elles devaient aussi s’occuper des enfants, tenir le ménage… sans en avoir beaucoup de reconnaissance.

Il leur aura fallu beaucoup de pugnacité pour que progressivement les choses changent.

Dans les années 50, notamment, la Jeunesse Agricole Catholique a aidé nombre de filles et de garçons à s’émanciper de traditions devenues trop lourdes.

Aujourd’hui, à côté de la question de l’égalité femmes-hommes se profile une autre demande : obtenir que les jeunes du monde rural puissent avoir les mêmes chances que ceux des villes pour bien démarrer dans la vie.

Dans le même temps se met en place une façon différente d’aborder le travail et la vie à la campagne.

Autant de défis à relever.

N’oublions donc pas l’action des filles de la terre d’hier et saluons l’enthousiasme communicatif de ces « paysannes en polaire » ainsi que de toutes celles et ceux qui œuvrent pour que vive la ruralité.

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