Exposition | Delphine Dénéréaz. Bienvenue à Delfunland. Dernière nuit au Grand Delfini Hôtel

exposition à l’artothèque, du vendredi 27 février au dimanche 26 avril
en écho à la Fête du livre jeunesse 2026
vernissage en présence de l’artiste jeudi 26 février à 18h30

Dans l’espace de l’artothèque, Delphine Dénéréaz nous invite à explorer les vestiges de Delfunland, monde enfoui dédié en son temps, à l’amour et aux dauphins. Cadillac, fontaine, façades, boutique de souvenir et chambre d’hôtel, sont autant de témoins de la mémoire d’une ville recouverte de plantes ornementales toxiques, devenues incontrôlables. On pénètre dans cet univers luxuriant comme si l’on venait de traverser le miroir d’Alice. Le décor s’empare du réel pour inventer une expérience sensorielle inédite.

L’exposition :

« Dans une première version de son projet Delfunland, créé à la Collection Lambert en 2023, Delphine Dénéréaz imaginait les vestiges d’un monde dédié en son temps à l’amour et aux dauphins. Cadillac, fontaine, banque, façades, boutique de souvenirs et chambre d’hôtel s’invitaient comme les témoins de la mémoire d’une ville recouverte de plantes ornementales toxiques, devenues incontrôlables.

À l’artothèque de Villeurbanne, on retrouve cet environnement aussi merveilleux qu’inquiétant, à travers un nouveau chapitre intitulé Bienvenue à Delfunland. Dernière nuit au Grand Delfini Hôtel.
On y pénètre comme si l’on venait de traverser le miroir d’Alice (Lewis Caroll) ou de tomber dans la boîte bleue de Rita, depuis une chambre située non loin de Mulholland Drive 1. Le décor s’est emparé du réel pour inventer une expérience sensorielle inédite. Nous reviennent en mémoire l’existence de végétaux soniques dans un magasin de Vermillion Sands 2, quelque part entre l’Arizona et la plage d’Ipanema (J.G Ballard) ou encore la présence d’une mystérieuse plante dénommée Audrey Junior, se nourrissant de sang humain dans l’obscure boutique d’un fleuriste américain 3).

L’invasion végétale, organisée par l’artiste à dessein, résulte de longues semaines passées à tisser, selon le procédé technique de la lirette4, issue de la culture vernaculaire du XVIIe siècle. Le Delphinium pullule sur chacun des éléments qui composent la chambre du Grand Delfini Hôtel, enseveli sous une ornementation exubérante faite d’innombrables bandelettes de tissus.

À travers cette prolifération de signes où s’imbriquent représentations végétales et architecturales, où s’entrechoquent les références contemporaines et celles plus abstraites d’un monde enseveli, Delphine Dénéréaz semble avoir mené à son terme l’entreprise criminelle décriée en son temps par l’architecte moderniste Alfred Loos. « Grand pourfendeur de l’hybridité esthétique de l’art nouveau » qu’il jugeait érotique et dégénéré (Hal Foster), il n’eut de cesse de combattre la surabondance décorative de la fin du XIXe siècle dans son célèbre ouvrage Ornement et crime ou à travers les multiples façades austères qu’il réalisa.

Dans un mélange savoureux de méticulosité et de jubilation, l’artiste pousse le décorum à son comble. Sous nos yeux ébahis, elle offre en pâture au Delphinium des objets populaires, issus de la société de consommation ou du tourisme. Elle nous place au cœur de ce moment insaisissable où tout semble pouvoir dégénérer sous la prolifération des motifs ornementaux.
En tissant inlassablement, elle dessine les contours instables du paysage de nos vies contemporaines, étouffées par les signes et les formes produits dans ce monde et dans celui – virtuel – de nos écrans tactiles.
Mais l’espoir apparait sourdement à travers cette technique de tissage issue du réemploi et de l’appropriation, dans l’incroyable liberté de faire qui s’invite à nos côtés. »

Stéphane Ibars, directeur artistique de la Collection Lambert, Avignon

L’artiste :

Delphine Dénéréaz née en 1989, vit et travaille à Villedieu, dans le Vaucluse.
Elle est résidente à l’atelier Vé (Marseille) et co-fondatrice du collectif Monstera avec Bridget Low, Léna Gayaud et Opale Mirman.

Delphine Dénéréaz grandit dans un environnement rural. Après son diplôme en Design Textile (La Cambre, Bruxelles), elle se tourne vers le Fiber Art en s’emparant d’une technique traditionnelle du Moyen Âge : la lirette. En adaptant cette méthode à des supports en métal ou en bois, elle s’affranchit des limites de l’outil et sort la tapisserie d’un cadre strictement décoratif. Au seuil de l’artisanat et de la magie, ses œuvres hyper colorées puisent dans les savoirs ancestraux et populaires. Ce qui est, d’ordinaire, relégué à la marge et au foyer envahit les symboles du capitalisme tardif.

Depuis 2019, son travail a été présenté à la villa Noailles (Hyères), à la Friche Belle de Mai, à La Traverse et au festival Marsatac (Marseille), au Consulat (Paris), à la Galerie Slika (Lyon) et au centre culturel Fenaa Al Awwal en Arabie Saoudite. Depuis 2020, elle a mené plusieurs résidences, notamment dans le Sud de la France et au Nigéria.
Récemment, elle a bénéficié d’expositions personnelles à la Collection Lambert, Avignon (2023), à La Halle, Pont-en-Royans et à Chapelle XIV, Paris (2025)

Autour de l’exposition :

Vernissage en présence de l’artiste jeudi 26 février à 18h30

Samedi Arty ! atelier d’art plastique pour les enfants
samedi 14 mars à 14h30 | 7-10 ans | sur inscription | durée : 3h
samedi 28 mars à 14h30 | 4-6 ans |sur inscription | durée : 1h45

Visite en famille, menée par l’artiste
dimanche 26 avril 11h, 15h | dès 5 ans | durée : 45 min

Horaires spéciaux pendant le week-end de la Fête du livre jeunesse :
ouverture de l’exposition : vendredi 24 avril de 17h à 19h | samedi 25 avril de 10h à 19h | dimanche 26 avril de 10h à 18h

Remerciements :
Delphine Dénéréaz
Stéphane Ibars
La Collection Lambert, Avignon
  1. Mulholland Drive est un film de David Lynch, sorti en 2001. ↩︎
  2. mélange de Riviera et de Floride, Vermilion Sands est une station balnéaire sur le déclin, prise dans les sables, imaginée par Ballard dans son recueil de nouvelles éponyme, paru en 1971. ↩︎
  3. en référence à La Petite Boutique des horreurs, film réalisé par Roger Corman, sorti en 1960. ↩︎
  4. lirette : tissage artisanal tissage réalisé à partir avec de bandelettes de tissu, le plus souvent usagé. ↩︎

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