Un coup de coeur rock : Alabama Shakes !

À la Maison du livre, de l’image et du “chant”, avaler sans mâcher, c’est ne laisser ni au palais, ni aux dents, ni à la langue et encore moins aux lèvres, le plaisir de l’aliment. Avaler sans mâcher, c’est aussi, avant d’atteindre l’estomac, ne pas fournir à l’aliment, la transformation qu’il est en droit d’attendre du palais, des dents, de la langue et des lèvres !

Quand on avale sans mâcher, la chose quitte la bouche à peine pénétrée et puis tout est terminé avant d’avoir seulement commencé !
Et bien pour le son dans la bouche, c’est pareil.
Comme une vague fumée, quand il quitte trop vite la bouche, le son est flou. Comme une vague fumée, pas encore chant, sans la bouche, le son ne prend pas forme.
Certains chanteurs mangent le son, ils l’avalent tout rond.
Le son quitte la bouche à peine traversée et puis tout est terminé avant d’avoir seulement commencé ! C’est comme avaler sans mâcher, c’est abandonner le travail, c’est priver le son du rôle que ne joue pas la bouche. La bouche est un palais des merveilles dans lequel la voyelle (un peu) mais la consonne (surtout), trouvent leur pleine articulation.

Oh oui, il y a des bouches comme des palais où naissent les plus articulés des sons !

Si on vous parle de bouche, c’est pas pour rigoler. C’est parce qu’on a repéré  la sacrée bouche d’Alabama Shakes qui pourrait bien vous enchanter les oreilles ! Si elle n’avale pas sans mâcher, c’est que la cavité de sa bouche et le texte qui passe par elle, tirent ensemble profit l’un de l’autre ! Alabama Shakes a des dents pour les dentales, un palais pour les palatales, des lèvres pour les labiales : Alabama Shakes chante avec la bouche. On vous recommande d’aller l’écouter !

À la Maison du livre, de l’image et du “chant”, la bouche ça compte pour le son.

(AR)

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