Jack London : l’aventure, mais pas seulement !

Tout le monde a un souvenir un peu vague de Croc-Blanc, livre souvent lu pour l’école ou en vacances chez les grands-parents, “parce que il y a autre chose que les BD et la télé”… Le souvenir d’un livre qu’on avait finalement trouvé pas trop mal. Mais, comme on nous avait plus ou moins forcé à lire (et afin de pouvoir reprendre la lecture des aventures d’un héros masqué avec une cape), ce n’est pas non plus l’histoire qui nous a le plus marqué…

Les médiathèques de Villeurbanne proposent aujourd’hui de (re)découvrir, sans contrainte parentale ni scolaire, l’auteur de ce roman d’aventure qui a durablement marqué la littérature américaine. Personnage à la vie très courte mais bien remplie, Jack London, qui meurt à seulement 40 ans, a connu une vie au moins aussi aventureuse que ses écrits. Voleur d’huîtres dans la Baie de San-Francisco, marin au long court, chercheur d’or, grand reporter et écrivain… Ses multiples expériences lui donnent la matière de ses nombreux écrits !

Alors qu’il est décidé à devenir écrivain, Jack London part pour le Klondike en Alaska. À peine âgé de 20 ans, il participe à la ruée vers l’or qui embrase cet état de 1896 à 1899. Comme la plupart, il revient sans or. Par contre, il a beaucoup écouté, regardé et ainsi trouvé la matière des premiers romans qui le rendront célèbre. C’est en rentrant d’Alaska qu’il écrit Croc-Blanc et L’appel de la forêt, deux livres d’une même face pour des trajectoires opposées. Ces deux histoires racontent une histoire de chiens. La première, celle d’un animal sauvage se laissant apprivoiser ; la deuxième, celle d’un animal domestique devenant un animal sauvage. Ces histoires, London les voulait des métaphores des comportements humains qu’il a pu observer dans le grand nord.

Sa nouvelle la plus marquante à propos de la ruée vers l’or du Klondike reste Construire un feu. Une histoire très courte ; celle d’un chercheur d’or pendant la ruée, qui doit construire un feu afin de se réchauffer durant sa marche pour rejoindre un camp de chercheurs. Un chef-d’œuvre qui nous fait ressentir le froid , la neige et surtout la peur du héros…

Jack London, c’est aussi de nombreux autres romans tout aussi fascinants !

En tant que reporter engagé se décrivant lui-même comme foncièrement socialiste, il publie plusieurs livres sur les conditions de vie des plus pauvres, parmi lesquels Les vagabonds des rails, qui décrit le quotidien des nombreux sans-abri qui sillonnent les États-Unis d’Amérique après la grande crise économique de la fin du XIXe siècle.

Un peu plus tard, il part dans l’East-End londonien, réalisant alors l’un des premiers reportages en immersion, qu’il intitule Le peuple de l’abîme. Se fondant dans la population, il va côtoyer les travailleurs pauvres d’Angleterre, souvent sans-abri, exclus de la société, déconsidérés et menant une vie de misère.

Dans la même veine sociale, Jack London s’essaye à l’anticipation politique bien avant Orwell et Huxley. Avec Le talon de fer, il raconte l’histoire d’une révolution socialiste qui se fait écraser par un régime autoritaire. Prémonitoire par bien des aspects, ce roman livre une vision pessimiste des sociétés modernes et laisse entrevoir les régimes autoritaires qui émergent durant le XXe siècle.

Jack London mène aussi des tentatives de romans autobiographiques. On pense en premier lieu à Martin Eden. Livre considéré par de nombreux lecteurs comme son roman le plus abouti, il retrace la vie d’un jeune marin qui, pour séduire une jeune fille de la bourgeoisie, cherche à s’élever socialement. Après avoir commencé des études, il développe un immense savoir et un vrai talent pour l’écriture. Mais le travail n’est pas tout… Un livre magnifique sous-tendu par les conceptions de lutte de classe auxquelles Jack London s’identifie. Ne faisant rien comme les autres, il écrit d’autres autobiographies romancées. C’est ainsi qu’il témoigne, dans Le cabaret de la dernière chance, de son alcoolisme avec l’histoire de son double alcoolique qui le suit tout au long de sa vie. Écrit sous la forme de feuilleton pour la presse, il a pour but de soutenir les partisans de la prohibition.

Mais le livre le plus ambitieux de Jack London est le Loup des Mers. L’auteur veut en faire un roman total, dans la ligné du Moby Dick de Hermann Melville. Le fait qu’il ait été reconnu comme un très bon livre, mais seulement un livre d’aventure, le consterne. Là encore, il s’inspire de son vécu et de son expérience de la chasse au phoque en Mer du Japon pour planter le décor. Se voulant un roman nietzschéen, cette aventure raconte l’histoire d’un intellectuel naufragé recueilli par un navire de pêche au capitaine tyrannique. C’est la violence de l’être humain, dans la tempête, dans les mutineries, dans la chasse, qui imbibe ce livre. L’affrontement de l’esprit et du réel, le combat des hommes face à l’océan et la nature sauvage, voilà la matière travaillée par Jack London dans ce roman grandiose.

Retrouvez d’autres romans de Jack London, ainsi que d’autres auteurs libres de droit en accès libre sous format numérique sur le site des médiathèques de Villeurbanne.

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