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Pourquoi lire Nuala O’Faolain quand on a aimé Karl Ove Knausgard?

Nuala O’Faolain © Perry Ogden

Amateurs d’autobiographies ou followers assidus de l’actualité littéraire, vous ne pouvez ignorer le norvégien Karl Ove Knausgard et son autobiographie au titre sulfureux Mon combat. Au moment où il initiait ce cycle, s’éteignait la journaliste irlandaise Nuala O’Faolain. Les deux écrivains livrent souvenirs et confessions sans fard.

Fortement médiatisé, l’auteur Karl Ove Knausgard a suscité la polémique en Norvège avec ses 6 romans au contenu hyper-réaliste. Pendant des années il essaie d’écrire sans succès sur la mort de son père, puis commence une sorte de confession brute. Ses romans, publiés en France en 4 volumes, ne tiennent pas compte de l’ordre chronologique, et livrent l’existence et les pensées du narrateur à ses 18, 30 ou 40 ans. Il décrit l’existence dans ses moindres détails, de la texture des saucisses frites à l’éblouissement vécu sous un noir ciel d’étoiles. La controverse porte sur son usage de sa vie privée, et sur l’abondance de détail, qui rendent en même temps son écriture hypnotique.

Nuala O’Faolain pratique l’écriture sans tabou. D’abord chroniqueuse à la BBC puis au quotidien The Irish Times, elle ouvre ses carnets intimes à l’âge de 56 ans pour rédiger une préface autobiographique, à la demande de l’éditeur qui publie ses articles. Ce sera On s’est déjà vu quelque part ?, Mémoires accidentels d’une femme de Dublin, véritable succès populaire. Nuala décrit avec une franchise inouïe les maux de la société irlandaise des années 50 : le catholicisme irlandais,  l’alcoolisme, l’impossible émancipation de la femme condamnée à son foyer. Et surtout elle livre sans ambages son enfance irlandaise entre une mère adepte du pub et un père charmeur et volage, le chemin qui la mène à New York, ses errances sentimentales et son combat pour mener une existence indépendante et libre. Sa sincérité et la simplicité de son écriture nous désarment. (voir sa bibliographie ici)

La chroniqueuse irlandaise et l’écrivain norvégien se rejoignent à travers leur écriture sans concession.

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