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La fête de village en images !

Vous l’aurez sûrement remarqué la fête de village revient très souvent au cinéma. Si les mariages sont encore les plus mis en scène (comme celui du Mariage des moussons de Mira Nair; Noce en Galilée de Michel Khleifi; Chat noir, chat blanc d’Emir Kusturica, Le ruisseau, le pré vert, et le doux visage de Yousry Nasrallah), que la fête soit réussie ou très compromise (La fiancée syrienne d’Eran Riklis), il y a aussi le 14 juillet, quand il a lieu, (Mais où est passé le 14 juillet ? de Nathalie Latham) et le Carnaval (au Brésil dans Orfeu Negro de Marcel Camus ou en France dans Karnaval de Thomas Vincent, Chahut de Gilles Cuvelier…).

On trouve aussi des fêtes très spécifiques comme le célèbre jour de la marmotte (Un jour sans fin d’Harold Ramis), celle des pèlerins de Taungyon (Natpwe (Le festin des esprits) de Jean Dubrel ou celle à l’honneur d’Aravan (Aravan, roi des eunuques de Gérald Perrier). Il y a de petites fêtes intimistes comme l’anniversaire de Cheval dans Panique au village de Stéphane Aubier et Vincent Patar ou des fêtes qui dégénèrent légèrement (Hotel Woodstock d’Ang Lee), des moments de divertissements dans des villages pas si petits, à Amsterdam (Amsterdam Global Village de Johan Van Der Keuken) où dans le Paris exubérant de l’exposition universelle de 1900 filmés par les opérateurs des frères Lumière (Exposition 1900 de Marc Allégret).

En tous cas, la fête se prépare et c’est du travail (Jour de fête de Jacques Tati, Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy; Vive La Sociale ! de Gérard Mordillat).

N’oublions pas que si la fête est possible c’est aussi grâce aux musiciens (comme les portugais des Açores Madredeus de Rob Rombout) aux fanfares (Les virtuoses de Mark Herman ou La visite de la fanfare d’Eran Kolirin) et aux chorales (I Feel Good de Stephen Walker).

Mais quel est donc l’intérêt d’une scène de fête ? Il peut être visuel, cela donne des images de profusion, de foule, de couleurs (voir le superbe Au premier dimanche d’août de Florence Miailhe), de lumières de jour comme de nuit (comme la non moins magnifique fête de chats sur les toits de Nocturne Party d’Albert Pierru). C’est aussi l’occasion de filmer la danse (comme les vaillantes danseuses japonaises toutes de jaunes vêtues indifférentes à la pluie dans Shara de Naomie Kawase, les breakdancers de Wild Style de Charlie Ahearn, les danseurs de Madison d’Hairspray de John Watersou ou la pleureuse qui danse dans Les larmes de Madame Wang de Liu Bingjian) ou encore de rendre tout simplement hommage au cinéma (Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore). 

L’intérêt est aussi narratif, la fête permet de réunir nombres de personnages simultanément et de faire avancer l’intrigue ou les intrigues, elle permet de zoomer sur la vie de personnages (Mon cher petit village de Jiri Menzel). C’est souvent le lieu des premiers émois (Le Skylab de Julie Delpy) des déclarations (Monrak Transistor de Pen-Ek Ratanaruang) des amourettes (Peine perdue d’Arthur Harari ou 21 nuits avec Pattie de Arnaud et Jean-Marie Larrieu), de rencontres amoureuse comme de bagarres (L’équipier de Philippe Lioret) ou un peu tout ça à la fois en chantant et en naviguant entre fiction et documentaire (Ce cher mois d’août de Miguel Gomes).

En France la fête a souvent un air de guinguette peinte par Renoir dans Le Bal du moulin de la galette (Naissance de l’impressionnisme d’Alain Jaubert) ou filmée (La Belle équipe de Julien Duvivier ou Casque d’or de Jean Becker), symbole des premières vacances rendues possibles par le Front Populaire (La vie est à nous de Jean Renoir, Le temps des cerises de Jean-Paul Le Chanois). La Révolution française, elle-même, a un air de guinguette (La Révolution française : têtes et chroniques de Michaël Gaumnitz)

Impossible de passer à côté des fêtes foraines (à Connie Island dans Le petit fugitif de Morris Engel, Ruth Orkin et Ray Ashley).

Enfin, tout cela peut être aussi l’occasion de bien manger (Le festin de Babette de Gabriel Axel) et de s’amuser au-delà même des interdictions (Au diable Staline vive les mariés d’Horatiu Malaele ou Jimmy’s Hall de Ken Loach).

A découvrir ici !

Cop. ill. : Au premier dimanche d’août cop. réalisé par Florence Miailhe – Films de L’Arlequin ; Où est passé le 14 juillet ? cop. réalisé par Nathalie Latham – Le GREC Productions

 

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