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Escapades cinéphiles et musicales

Quelles destinations allez-vous choisir pour vos vacances d’été ?

Nous l’avons dit dans un précédent article, les écrivains aiment, intentionnellement ou pas, nous faire voyager. L’écriture, au gré des histoires, se déplace en effet d’un pays à un autre, d’une culture à la découverte d’authentiques coutumes, invitant le lecteur à oublier l’ici et maintenant pour se retrouver en terre inconnue.

Il en va de même au cinéma et dans les œuvres musicales. Bien souvent, les films ne se servent pas de la ville ou du territoire choisi comme un simple élément de décor mais davantage comme un élément primordial constitutif à l’intrigue. De fait, que ce soit en son ou en image, nombreuses créations invitent au dépaysement à travers le choix d’une ville, d’une culture ou d’un pays. Choisissez votre destination avec cette sélection non exhaustive de films que nous avons aimés et, qui donnent l’envie de voyager. Chaque film sera accompagné d’une bande son précisément choisie. Bon voyage !

Pour une escapade parisienne, regardez ce petit film brillant et cynique. L’histoire relate celle d’un couple anglais qui, asphyxié par la monotonie de leur quotidien, décident de célébrer leurs noces de perle au sein de la capitale française.  Leurs tourments existentiels de vieux couple en pleine crise ne seront pas un obstacle pour découvrir la ville. Loin de là, puisque leurs querelles mesquines auront pour toile de fonds les principaux monuments de la capitale avec ses avenues principales, sans oublier les scènes croustillantes de bistrots et restaurants.

Bande son : Michel Legrand « Paris jazz piano »

Pour découvrir Barcelone, on ne peut ne pas passer à côté du film de Cédric Klapisch l’Auberge espagnole. Si le film raconte de manière assez loufoque la vie désordonnée des étudiants du programme Erasmus dans la capitale catalane, il fait une remarquable esquisse d’une ville réputée pour son identité très marquée. Ainsi, le spectateur aura plaisir à voir les artères principales comme la Via Laietana qui ouvre sur la plage, l’unique place à arcades de la ville, La Plaça Reial, sans oublier la majestueuse Sagrada Familia, monument symbole de Barcelone.

Bande son : Manu Chao « Esperanza »

Pour découvrir l’ouest des USA, entre le Nouveau Mexique, la Californie et l’Arizona, laissez-vous embarquer par  Little Miss Sunshine , un road movie drôle, satirique et terriblement attractif. On y suit le périple d’une famille en surrégime, les Hoover, qui entassés dans un van en piteux état, doivent assister à un concours de reine de beauté́. D’Albuquerque, Nouveau-Mexique à Redondo Beach en Californie, ce parcours chaotique donne un aperçu de ce qu’était la légendaire route 66 qui traversa de nombreux états, balayée par de somptueux paysages. A l’instar de films comme Easy Rider (1969) de Peter Fonda, Thelma & Louise (1991) de Ridley Scott, Little Miss Sunshine avale de la route, et par-delà  l’intrigue comique, est une vraie destination nature pour les amoureux de déserts et de grands espaces panoramiques.

Bande son : The Rolling Stones  « (get your kicks on) route 66 »

Au cinéma, les hymnes à la ville de L.A. ne manquent pas. David Lynch le confirme en personnifiant majestueusement la ville de Los Angeles dans l’énigmatique  Mulholland Drive. Un titre qui d’ailleurs fait référence à une longue route sinueuse surplombant la ville et les villas de stars. Si le récit suit le parcours d’une aspirante actrice fraichement arrivée dans la ville du cinéma et rêvant d’une carrière à Hollywood, rapidement l’intrigue va se déconstruire au même titre que la ville va peu à peu devenir insaisissable. Par un jeu constant sur les lieux et la perte de repères de ces personnages, le réalisateur nous donne à voir un Los Angeles sombre et onirique, illusoire et maléfique. Une belle manière d’appréhender le côte chimère de la cité des rêves.

Bande son : The Doors « L.A. Woman »

Autre dépaysement assuré avec l’hypnotique Lost in translation. Ce film transporte littéralement le spectateur sur une autre  planète, Tokyo en l’occurrence, tant par l’atmosphère hybride et aérienne de la ville, son avalanche d’illuminations nocturnes que par la combinaison de différentes cultures qui y sont implantées. Malgré une histoire très minimaliste (deux américains résident dans un luxueux hôtel japonais et partagent un profond sentiment d’égarement) le spectateur ne peut qu’être transporté par ce voyage cinématographique.

Bande son : Andrew Jackson « Tokyo the sex, the city, the music »

Changement de décor avec un film de voyage complètement décalé à travers l’Inde. A bord du Darjeeling Limited raconte l’histoire de trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père. Afin de renouer les liens perdus, ils décident de faire un grand voyage en train, entamant ensemble la traversée du Rajasthan. Si très rapidement cette quête spirituelle va dérailler, elle a d’ores et déjà  plongée le spectateur dans un pays baroque et bariolé, un pays totalement revisité à travers le prisme insolite et maniéré du réalisateur. Visuellement très réussi, ce film est une belle invitation à  autrement.

Bande son : Yo-Yo Ma « Sing me home »

New York au cinéma, c’est une longue et interminable histoire pour ne citer que Taxi Driver (1976) ou  Les affranchis (1989)  de Martin Scorsese, The King of New York (1989) et Bad lieutenant (1992) d’Abel Ferrara, ou plus récemment l’hilarant Two days in New York (2012) de Julie Delpy et The immigrant (2013) de  James Gray. La représentation cinématographique de New York est une évidence parce qu’elle symbolise à elle seule la ville des paradoxes et des égarements, est l’épicentre des extravagances tout en étant la ville carrefour des cultures du monde. Aussi, le film le plus saillant du dépaysement pourrait être  Manhattan de Woody Allen. Bien qu’il s’agisse d’une représentation idéalisée et très personnelle, ce film est une véritable consécration à la beauté de la ville. Le noir et blanc voulu par le réalisateur au début du film est tout simplement étonnant, de même que les escapades des personnages en bordure de l’East River ou sur la Brooklyn Heights Promenade avec la vue fantastique sur les gratte-ciel de Manhattan. Un film à voir tant pour son histoire que par sa mise en scène intimiste et sublime.

Bande son: The Irving Berlin, George Gershwin and Cole Porter songbooks

Ultime escale avec le docufiction iranien de Jafar Panahi. Le film est un véritable portrait de la société iranienne d’aujourd’hui, tourné depuis un taxi conduit par le réalisateur lui-même. Jouant les vrais-faux chauffeurs à travers les rues de la capitale, Jafar Panahi donne à voir une réalité. Une réalité inconnue des occidentaux et finement évoquée par les intéressés, les passagers du taxi, qui  racontent, à l’abri des oreilles indiscrètes, leur vie quotidienne, bien loin des clichés et images officielles divulguées. Contrant la censure de son pays, le réalisateur nous offre un fabuleux petit road movie, un film courage pour la liberté d’expression. A ne pas manquer.

Bande son : Les chats persans  : B.O.F.

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