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L’art codifié des kimonos

Au Musée des arts asiatiques (Guimet) sont exposés à Paris du 22 février au 22 mai 2017 de magnifiques kimonos de la maison Matsuzakaya, fondée en 1611. À travers ces kimonos est porté un regard inédit sur l’évolution de la mode au Japon depuis l’époque d’Edo (1603-1868) jusqu’à nos jours.

En japonais, kimono signifie tout simplement « chose que l’on porte sur soi », un terme qui faisait autrefois référence à toutes sortes de vêtements. Par opposition au vêtement occidental qui est devenu le vêtement de tous les jours, le kimono désigne  le vêtement traditionnel japonais, sorte de robe à la forme bien particulière en T.  Le kimono est formé de rectangles de tissus pliés et cousus, mais jamais recoupés.

Le kimono se porte toujours côté gauche sur côté droit : cela permettait de cacher une arme. Il est tenu en place par une large ceinture nouée dans le dos, appelée obi. Les kimonos anciens sont décorés par des motifs traditionnels (pin, bambou, tortue, libellule, roue, etc.) symbolisant des vertus. Les motifs des kimonos ont changé selon les époques comme le montre le livre Kimono Patterns : motifs pour kimonos d’Agile Rabbit.

La forme du kimono est différente chez les femmes selon leur condition matrimoniale : les jeunes filles et les femmes célibataires ont un kimono avec des manches larges.

Dans les mangas, une multitude de kimonos sont dessinés. En couverture de Lady Snow Blood (une histoire d’une tueuse au sabre) dessiné par Kazuo Kamimura et écrit par Kazuo Koike de 1972 à 1974, on peut apercevoir une partie d’un kimono. Ce manga qui retrace l’histoire d’une jeune femme qui venge sa mère a inspiré Tarantino pour son film Kill Bill.

Kazuo Kamimura est ce mangaka récemment célébré au festival d’Angoulême. Il a reçu le prix patrimoine pour le club des divorcés et ses planches ont fait l’objet d’une très belle exposition.

Kamimura a décrit dans son œuvre  la condition de la femme japonaise dans les années 70 et sa difficile émancipation. Il s’intéresse de près au sort et aux aspirations des femmes dans le Japon de l’ère Showa (1926-1989). Dans le club des divorcés, le maître du gekiga s’attaque à un tabou toujours vivace de la société japonaise : le divorce.

Dans un autre style,  les kimonos sont, dans le manga Tueur de Hiroshi Hirata ceux des samouraïs ou ceux de la noblesse au milieu du 19e siècle. Hirata aujourd’hui âgé de 80 ans s’est spécialisé dans le manga historique et les samouraïs. Il est aussi un maître calligraphe reconnu.

Aujourd’hui le kimono n’est porté au japon qu’à l’occasion de grand événements comme la cérémonie du thé ou les mariages par exemple. Les japonais n’en possèdent qu’un ou deux car il est très couteux.

Si vous souhaitez faire vos premiers pas en couture et autres créations japonaises (sans aller jusqu’au complexe kimono !), voici quelques pistes avec notre sélection de documents autour de l’art codifié des kimonos.

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