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Des animaux et des mots : la place accordée aux animaux dans la littérature

Contrairement à Descartes qui comparait les animaux à des machines dépourvues d’âme, incapables de penser, la littérature n’a jamais cessé de porter un regard bienveillant sur le monde animal. Héros de romans à l’instar de Buck, le chien du juge Miller dans l’Appel de la forêt de Jack London, compagnons du héros dans Belle et Sébastien de Cécile Aubry, ou encore personnages qui évoluent en second plan comme dans certains contes de Charles Perrault, les animaux sont et restent une source d’inspiration inépuisable pour les écrivains.

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Dans l’histoire de la littérature, la figure de l’animal a longtemps fait office de masque ou de symbole utilisé par l’écrivain pour peindre le côté absurde, voire obscure de la société. On pense bien évidemment à La Ferme des Animaux de George Orwell (1945) qui s’assimile à un véritable pamphlet contre le Stalinisme. Autre temps, plus récent, on peut noter le récit autobiographique de Romain Gary, Chien Blanc (1969), écrit aux Etats-Unis en plein mouvement des droits civiques. L’auteur recueille un chien abandonné avant de découvrir que l’animal a été dressé pour tuer les… hommes de couleur !

koalaAujourd’hui, si le thème de l’animal donne toujours à réfléchir, il porte davantage sur les contradictions de notre rapport aux bêtes. L’empathie pour les animaux est désormais un fait avéré que l’on peut appréhender dans plusieurs romans. Ainsi Jonathan Safran Foer propose un plaidoyer végétarien âpre et inattendu avec Faut-il manger les animaux ? (2012). Sous forme d’enquête, l’auteur s’interroge sur nos croyances et notre manière de traiter les animaux que nous mangeons.

Cette réflexion se retrouve également dans le roman de Joy Sorman, Comme une bête (2012). L’auteure nous dévoile de façon non détourné les coulisses des métiers de la viande, de la ferme d’élevage en passant par l’abattoir, le marché de Rungis et les bancs de l’école de formation.
Sous l’angle de la saga familiale, Jean-Baptiste Del Amo propose également un roman à charge avec le puissant Règne animal (2016). On suit l’évolution d’une famille d’éleveurs du Gers, petits paysans devenant de gros exploitants. Un roman rural et bestial qui ne laisse pas insensible celui qui le lit.

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Enfin, qu’il soit à plumes, à poils ou à écailles, l’animal demeure un motif littéraire récurrent sans autre porté que celle de nous égayer. L’œuvre de l’australien Kenneth Cook est une arche de Noé très représentative  du monde animalier où l’on croise un Koala tueur, un Kangourou alcoolique ou encore un cochon sauvage terriblement inquiétant. En attendant Doggo (2016) est également un roman léger, réjouissant où l’intrigue est centré sur l’animal de compagnie. Plus sombre, La langue des bêtes (2015) de Stéphane Servant questionne notre impossibilité à communiquer avec le monde animal. Les exemples de titre où une bête surgit ne cessent de foisonner. Soyez désormais plus attentif lorsque vous errez parmi les étagères des médiathèques, vous risquez d’être surpris.

 

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