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Chi va piano va sano

Cette sélection discographique est résolument placée sous le regard bienveillant d’Erik Satie, lui qui a inspiré les surréalistes, les minimalistes ou la musique répétitive, et de son œuvre pour piano interprétée ici par Jean-Yves Thibaudet qui, selon France Musique, invite à « la contemplation, le soliloque hypnotique, la douceur ouatée, l’onctuosité crémeuse d’un piano qui nous tire vers le rêve. Le tout avec une régularité implacable, une lenteur et une langueur constamment habitées. »

Volker Bertelmann aka Hauschka – Photo peelandstick

Nous retrouverons donc les pionniers tels Steve Reich, Philip Glass ou John Cage – tous avaient une grande admiration pour le compositeur de Honfleur, Arvo Pärt qui composa une pièce emblématique du minimalisme avec Für Alina , Charlemagne Palestine avec  Strumming music for Bösendorfer piano où l’utilisation continuelle de la pédale forte libère toutes les harmoniques des notes jusqu’à leur mélange. Le continu ou l’ininterrompu est aussi la spécialité du compositeur et pianiste Lubomyr Melnyk, une  musique réellement enivrante.

Benoît Delbecq – Photo Laurent Poiget

Le piano préparé (tout un tas d’objets allant de la balle de ping-pong à des bouts de papier se trouvent placés sur la table d’harmonie et les cordes tout cela de manière réfléchie d’où le terme « préparé ») est bien entendu présent ici avec Volker Bertelmann qui joue avec la violoniste classique Hilary Hahn ou encore avec Benoît Delbecq devenu l’un des maîtres en la matière. Mais le piano peut aussi être percussif avec Christine Wodrascka dans des improvisations totales ou introspectif avec Stephan Oliva autour du compositeur Bernard Herrmann.

Margaret Leng Tan utilise aussi un piano préparé dans un disque consacré au compositeur John Cage, mais c’est plus précisément sur les pièces pour toy piano que le disque nous paraît intéressant d’être signalé.

Les pianistes classiques se frottent aux traitements sonores de leur partenaire telles Alice Sara Ott et Vanessa Wagner, Ryuichi Sakamoto se plie à l’exercice avec Alva Noto mais sans la touche classique, enfin Francesco Tristano issu lui aussi du monde classique s’amuse seul avec piano et électro.

Ruychi Sakamoto & Alva Noto Photo Ed_Milla

Depuis quelques années, tout un courant se développe autour de Poppy Ackroyd ou Carlos Cippa, mêlant ambiant et minimalisme, Nils Frahm en est un des leaders, mais son solo présenté ici est joué sur un piano de 3,70 m de haut, confectionné pour lui par le facteur David Klavins, et donne ce son si particulier avec des cordes de plus de 3 mètres de longueur ; Ross Bolleter lui n’utilise que des pianos « ruinés ».

Trente pianistes et/ou compositeurs qui ont développé leur propre discours, leur propre univers, à écouter à très forte dose et fort volume. Découvrez-les ici.

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