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Les robots dans la littérature

Les débuts de la robotique dans la littérature, précisément les œuvres littéraires qui traitent des robots, émergent vraisemblablement en 1921 avec la pièce de théâtre Rossum’s Universal robot de l’écrivain tchèque Karel Capek. Les robots de cette pièce fondatrice sont proches de ce qu’on appelle aujourd’hui des androïdes : ce sont des machines biologiques à l’apparence humaine, à l’origine dénuées de sensibilité, de sentiments et qui cherchent à prendre la place de  l’homme.

Avec l’avancée des sciences et les progrès de la génétique, le robot devient rapidement un sujet de questionnement récurrent que l’on retrouve dans une autre œuvre conceptrice : Le Meilleur des mondes un roman d’anticipation dystopique, écrit en 1931 par Aldous Huxley. La société y est organisée à l’image d’une usine moderne, où chaque être humain répond à un conditionnement précis et déterminé.

Les robots modifient le registre de la science-fiction qui s’est très vite emparé du terme pour imaginer et alimenter un flux continu de scénarios possibles, à la fois sombres et pessimistes.

En 1939, Isaac Asimov choisit pourtant d’ignorer les implications philosophiques des robots humanoïdes destructeurs. Avec son cycle Les robots, publié  à partir de 1950,  il prend en effet le contrepied d’une littérature contre-utopique. Ses machines se ne révoltent pas contre leurs créateurs mais sont considérées simplement  pour ce qu’elles sont : des outils. D’ailleurs, il propose les Trois lois de la robotique qui conditionnent les robots à agir pour le bien des humains.

Philip K. Dick, autre grand maître de la SF est bien loin de partager la vision optimiste de son congénère. Ce dernier propose en effet un univers bien plus obscur et tourmenté, où la terre se retrouve ravagée par les guerres, quand elle n’est pas radioactive et mourante. Pour K.Dick, la réalité est altérée par les androïdes qui cherchent sans cesse à se fondre parmi les hommes via leurs souvenirs, ou au fil de vies parallèles. Son chef œuvre, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques  devenu culte avec l’adaptation cinématographique Blade Runner, dépeint ce futur déprimant où un policier tente d’exterminer les robots qui s’infiltrent sur terre. En peu de mots, l’auteur interroge habilement l’ambiguïté qu’il existe entre l’homme face à une machine dotée intelligente. Les androïdes et les hommes sont-ils si radicalement opposés ?

Dans les années 2000, avec les progrès de la robotique et de l’arrivée d’humanoïdes de plus en plus réalistes et compétents, ces réflexions autour de l’homme et du robot tendent à évoluer. Les jeunes auteurs d’aujourd’hui semblent puiser leur inspiration davantage dans le transhumanisme, le clonage ou à la génétique.
Concrètement, les dernières fictions autour de l’androïde imaginent plutôt le robot comme le propre miroir de l’homme avec la même gestuelle, la même morphologie, le même faciès. Le fabuleux roman du japonais Kazuo ISHIGURO, Auprès de moi toujours  est un exemple évident. Sans rien dévoiler de l’intrigue, cet étonnant roman se passe à notre époque sans les ingrédients habituels de la SF. Pas de robot, ni d’extra-terrestre, pas de violence ou de rébellion mais de vraies questions posées par l’auteur sans jamais véritablement les formuler. La série Les variants de Robinson Wells illustre également cette réflexion : Le robot est-il un être d’artifice ?

Qu’ils aient une apparence métallique ou humanoïde, les robots et autres droïdes font partie intégrante de l’imaginaire littéraire et ce n’est pas près de s’arrêter si l’on considère les récentes publications comme Il y a un robot dans le jardin  de Deborah Install.
Qui plus est, le robot a également fortement marqué l’imaginaire cinématographique. En atteste, cette sélection que l’on vous invite à consulter en cliquant sur le lien suivant :

 

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