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Affreux, sales et méchants ?

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Beau ou laid, propre ou sale, gentil ou méchant : la philosophie et l’histoire déconstruisent ces qualificatifs pour en révéler le caractère mouvant, résolument situé dans une époque et une société données. A travers cette sélection, on apprend que finalement tout est relatif…

Bonne nouvelle ! Les affreux, sales et méchants d’aujourd’hui ne le seront pas forcément demain.

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Affreux « jojos » et belles « pépées »

histoirebeaute-vigarelloAvec le courant de l’histoire dite « culturelle » ou « des mentalités », le corps est devenu un objet d’histoire à part entière. Ainsi, George Vigarello, dans L’Histoire de la beauté ou encore Les Métamorphoses du gras, dévoile ce qui se joue au fil des époques dans l’affirmation de ce qui est beau ou pas.

Morale, religion, hiérarchies sociales s’en mêlent pour juger des profils, apprécier la fermeté ou la mollesse, tolérer les visages fardés, et déterminer ce qui sera objet de désir, d’admiration ou de consommation. Plus actuel, Mona Chollet dans son essai Beauté Fatale : les nouveaux visages de l’aliénation féminine dresse quant à elle la critique de la quête obsessionnelle – et inégalitaire – de la beauté pour les femmes.

A l’opposé, la laideur, la difformité incarnées dans la figure du monstre sont également présentes dans la plupart des civilisations. L’ouvrage Les Monstres  de Stéphane Audeguy établit ainsi un panorama historique de ces affreux personnages, entre créatures sataniques et dérapages scientifiques.

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C’est du propre !

Cracher par terre, manger avec les doigts, prendre un bain une fois l’an… cela vous répugne ? La définition du propre et la condamnation du sale ont aussi évolué dans le temps. Sur cette question, La Civilisation des moeurs de Norbert Elias et Le Propre et le sale, l’hygiène du corps depuis le Moyen-Âge de Georges Vigarello croisent la sociologie et l’histoire pour comprendre les changements de perceptions dans ce domaine relevant de l’intimité et de la vie quotidienne.

En bref, bêtes ou méchants ?

Enfin, avant de jouer au cowboy et de faire le tri entre les bons et les méchants, nous vous suggérons la lecture de La Méchanceté, d’Adèle Van Reeth et Michaël Foessel, une bonne entrée en matière pour questionner la définition du mal à travers le temps et éclairer la conception actuelle de ce trait de caractère. Et si la méchanceté est un vilain défaut, la gentillesse est souvent reléguée au rang des petites vertus. Une injustice pour Emmanuel Jaffelin qui fait de cette qualité, dans son Éloge de la gentillesse, le fondement d’un nouveau rapport à l’autre.

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 Affreux, sales et méchants  (Brutti, sporchi, cattivi) est un film de 1976 réalisé par Ettore Scola

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